Aujourd’hui laissez-moi vous raconter mes différents voyages aux états-unis d’Amérique.

Publié le 13 Février 2012

Je m’y suis rendu 7 fois dans ma vie, je peux avoir une vision assez claire de ce pays.

Tout d’abord, je suis allé à Tampa. Tampa est située au cœur d’une région dédiée aux loisirs. Epcot center, le « paradis » des enfants, où l’on doit faire la queue des heures pour donner à des enfants ayant

soif de connaissance du rêve de plastique. La vision donnée aux visiteurs des pays étrangers y apparait totalement stéréotypée comme si le temps s’était arrêté 30 ans en arrière. Dans le but de me faire plaisir, mes hôtes m’ont invité dans le restaurant « français » pour me rappeler mon bon pays. J’avoue ne pas avoir très bien saisi le rapport entre la nourriture servie et celle que l’on peut trouver dans n’importe quelle brasserie de quartier de n’importe quel coin de France.

Le musée de Cap Canaveral, dédié à la conquête spatiale. Des phallus géant érigés à la gloire du dieu argent, le rêve d’un ciel sombre. Des bouts de métal exhibés, fruit du travail d’une élite avec un budget illimité où la moindre partie de métal pourrait faire vivre pendant toute une année une ville entière d’Afrique.

Atlanta, au cœur de l’Amérique ségrégationniste. Ici, ça lave plus blanc à n’en point douter Ca sent le propre, tout est bien rangé. Les blancs d’un côté, les noirs de l’autre. Oh, ils n’ont pas à se plaindre, ici, monsieur, on a plus le droit de leur donner du bâton! Tout du moins pas en public. Et puis ils vous disent merci quand on leur donne un boulot salement payé. C’est bon pour eux le travail, ils ne sont rien que des fainéants de toute façon. M’en vais leur raconter l’histoire du pays de l’oncle Sam, ici on court pas dans la brousse, on a des vrais flingues d’homme et on sait s’en servir ! Mais je m’emporte, on pourrait médire sur mes propos. Le qu’en dira t-on… C’est ça qui nous tue nous autres, on peut plus vraiment faire comme avant. Comme quand on les pendait aux arbres pour l’exemple. J’ai gardé la capuche blanche de l’ancien, on sait jamais. A vous qui êtes comme moi je peux bien raconter tout ça, vous me comprenez vous ! Et puis laissez-moi vous faire visiter le temple du bon dieu de chez nous. Coca-Cola que ça s’appelle. La meilleure boisson du monde. Tellement bonne, qu’on veut pas vous dire ce qu’il y a dedans. C’est secret. Faudrait pas que ces foutus jaunes nous la piquent. Ils savent rien faire que copier. Ah si seulement on avait pu la gagner cette guerre ! Il n’y a pas eu assez de gosse brulé au napalm pour qu’ils comprennent ? Heureusement qu’il y a l’agent orange, même quand on est plus là, ça agit encore. Mais je m’égare mon bon monsieur ! Si ça se trouve dans le tour du monde des saveurs de la boisson divine, vous allez bien y trouver celle que l’on leur envoie. Eh oui, parce que nous, on pense à tout, à chaque pays sa recette. On a pas tous la même langue, faut s’adapter. Mais je vais devoir vous laisser…

Eh, dis-moi petite fille, quelle âge as-tu ? 11 ans ! Et pourquoi tu te maquilles comme ça ? C’est maman qui m’a montré, elle sait bien y faire maman, tu veux que je te montre ? Non, pas besoin. Et tu fais ça depuis longtemps ? Depuis toujours ! Maman est fière de moi ! Regarde la photo, c’est moi au concours des minis miss, que je suis belle et bien maquillée ! Quand je serai grande je serai connue, et je gagnerai plein d’argent ! Mais tu vas où ? Ah non pas dans la piscine ! Je vais le dire ! Je vais le dire ! Sors de l’eau ! C’est interdit ! Tu n’as pas le droit ! Tu sais, j’ai 17 ans, je sais nager depuis tout petit, j’adore l’eau et je peux faire le tour sans respirer. M’en fiche ! Tu n’as pas le droit ! Je vais le dire ! Je vais le dire ! Ah ben ! Voilà les parents qui rentrent ! Ouh ! Ca va mal se passer pour moi. J’comprends pas, j’ai juste plongé dans la piscine, il faisait si chaud et je n’avais rien à faire à part la garder cette maudite gosse. Ils veulent me causer. Je me prends un savon. La gamine est fière, elle a gagné, elle a raison.

Nan, décidément, c’est pas cette Géorgie qui me restera en mémoire. Elle me plait pas cette Géorgie toute blanche, toute haineuse. J’veux m’en aller ! Laissez-moi partir ! Et puis je comprends rien à votre base-ball, il se passe rien, je m’ennuie, des heures à applaudir, 15 mn pour taper dans sa balle, et encore c’est pour l’envoyer au bout de son nez. J’étouffe !

Boston. Il parait qu’ici, c’est la plus belle ville des états-unis. Forcément, on vous dit tout comme vous devez faire ici. Pas de fumée, pas d’alcool, ici, y’a rien qui dépasse de la bouche ou de la main. Souriez, vous êtes cernés. Et puis on vous dit comment penser aussi. Il faut bien.

New-York, la big apple. Ici, on peut tout voir. De la misère la plus crasse. Des limousines à n’en plus finir qui passe devant. L’été, la clim elle marche à fond, si tu lèves la tête, y’a comme un brouillard au-dessus. Ici, tu n’es rien si t’as rien. Moi, j’ai osé l’impensable, j’ai dépassé les limites, j’ai corrompu le système. J’ai mis tout par terre avec nonchalance. J’ai osé sourire à un pauvre type habillé de guêtres que la foule dense ne voit même plus. Surpris, il m’a dit un « Thank you » que j’entends encore.

Avec mon pote, on a raté le train pour grand central, une heure à attendre ! On aurait pu dire tant pis, mais c’était sans compter sur le grand dadais. Il nous a fait un caprice. Vous comprenez, il faut absolument y aller maintenant. Mais tu sais, on peut attendre sans toi, on va s’en remettre. Non, qu’il fait. Alors le gars du taxi de la gare de banlieue sent la bonne affaire. Il nous propose de nous emmener à Grand Central pour 100 dollars. A 5, ça va aller, c’est pas la place qui manque dans la ricaine. Ça m’arrange pas trop 20 dollars, mais bon…

C’est un tape-cul cette bagnole, elle est aussi vieille que le type. Eh ben ! Il y en a des bretelles. Comment il reconnait la bonne ? Moi, je pense surtout que le tacot il a jamais rien fait que des allers retours de 1 miles entre le campus et la gare, faire de l’autoroute, c’est tout nouveau pour lui, surtout que le gars il est pressé de faire sa course. L’italien, il va surement lui lâcher un billet en plus. Houlà ! Voilà que ça fume sous le capot ! Obligé de quitter la highway. En plein Harlem on est. Ca fume vraiment beaucoup là. La bagnole vient mourir contre le trottoir et se vide d’un liquide poisseux sur la chaussée. Le type est désemparé, mais quelle idée il a eu ! Rien à faire, elle est morte. Il nous demande 50 dollars, il a bien gagné sa journée ! L’est tout de même bien gentil, il nous appelle un taxi. Il commence vraiment à stresser, c’est Harlem ici. Ici, on fait rien que passer par-dessus, on la voit pas la crasse et la misère. On les voit pas les yeux injectés d’héroïne de la p’tite vieille qui pousse son caddie plein de canettes en verre. Elle le poussera jusqu’en enfer son maudit caddie ! Vociférante. Insultes à la ronde. Si c’est ça le taxi, j’avoue je vais passer mon tour. Et puis, le rital il fait moins le malin avec son appareil photo autour du cou. Ici, on en tuerait pour beaucoup moins que ça. C’est pas les gens d’ici qui me font le plus peur, c’est lui, un vrai phare à emmerdes ! Moi j’m’en fous j’ai qu’un jean et un tee-shirt avec Bo Jackson devant et derrière. Bo, c’est leur héros à ces gens-là. Il se rapproche de moi, c’est mon ami maintenant. Si tu veux vraiment être mon ami, tu pourrais peut-être enlever ton zoom de ton bide, ça pourrait jaser.

Rédigé par Stephan Pain

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