Force et faiblesse.

Publié le 11 Avril 2012

L'opposition entre le fort et le faible la plus évidente et la plus ancienne est celle qui existe entre hommes et femmes. Indéniablement la force physique de l'homme prend l'ascendant lorsque les conditions d'existence se durcissent, telles la guerre, la chasse, la construction, les conditions climatiques. Au cours du temps ses conditions se sont nettement am

éliorées, seule persiste la guerre, comme un relent du besoin d'affirmer sa supériorité. Mais, tout un chacun n'est pas dupe, le réel pouvoir est, et a toujours été entre les mains des femmes. Il est amusant de constater que ce sont toujours les hommes les mieux bâtis, les plus forts, les colosses, qui, dans les bras d'une femme s'avèrent les plus dociles. Ce qu'une violence sourde et aveugle s'abattant sans relâche de la part de multiples adversaires a réussit à accroitre jusqu'à son paroxysme comme puissance, la douceur l'anéantit en un geste aérien.

L'enfant?

L'enfant, lui, ne se contente pas de stopper la violence. Il l'éradique à sa naissance. Il est l'architecte infatigable des adultes qui l'entourent. Un enseignement permanent.

Le parent, dans sa volonté de bien faire, omnibulé par la formation d'un être parfait qui serait son prolongement dans le bien en tout point ne se rend pas compte qu'il s'agit bien de lui qui est le sujet de l'éducation.

D'un individu grossier, égoïste, irresponsable, l'enfant va façonner un adulte qui va surveiller son langage, va tout donner pour le confort de sa progéniture, assumer ses erreurs. L'entreprise est d'autant plus sournoise, qu'au début le bébé est bien incapable de parler et d'indiquer ainsi ce qu'il faut faire. le parent va alors se poser mille questions sur ce qu'il doit faire ou pas pour prendre soin de cet être totalement vulnérable. C'est ainsi, en posant les questions essentielles à une vie naissante, qu'ils posent les bases de sa propre éducation. Régulièrement au cours de la vie de son enfant, le parent, devra à nouveau se remettre à l'ouvrage dans l'établissement des bonnes questions que les différentes situations de crise qui jalonne le chemin vont inexorablement amener devant lui.

C'est ainsi qu'au bout d'une vingtaine d'années, ce n'est pas l'enfant qui est devenu ce que le parent voulait qu'il devienne, mais le parent qui est devenu celui qu'il était en devenir.

On constate tristement que, systématiquement, l'adulte ne voulant pas se plier à cette règle se retrouve en opposition et bien souvent cela finit par la rupture entre génération. Vouloir à tout prix de son enfant tel ou tel destin est symptomatique d’égoïsme. Combien de parents voulant façonner leurs enfants à leurs images ont brisé des vies?

L’égoïsme comme symptôme d'un refus de grandir.

De vieillir?

Faut-il y voir là une quête dérisoire de l'immortalité?

Si l'on applique alors les concepts d'analogie, cette fois au niveau du nombre en passant de l'échelle de la famille à celui d'un ensemble de personnes, il convient d'analyser les rapports qu'entretiennent majorités et minorités.

Au cours du dernier siècle la société s'est profondément bouleversée dans le traitement des minorités. Il est inutile d’énumérer une longue liste. Au sein de chaque peuple, des groupes ont livré des batailles contre l'ignorance au bénéfice final du peuple dans son entier. Les régimes autoritaires, depuis la nuit des temps, dans une volonté d'amélioration de leurs sociétés, qui ont recouru à la violence pour faire disparaitre une différence qu'ils ne voulaient pas accepter, ont toujours échoué à plus ou moins long terme dans leur entreprise.

L'immortalité d'un peuple.

Vouloir façonner un peuple dans une perspective précise en se servant de toutes formes de pensées philosophiques, spirituelles ou scientifiques serait-il une entreprise vouée à l'échec?

L'avancée d'un peuple ne se mesurerait-elle pas à l'harmonie qui articule la relation entre chaque minorité et sa base?

Changeons d'échelle.

Un peuple ne peut se développer en autarcie en ignorant la souffrance et en imposant sa vue du monde comme référence. Dans la hiérarchie actuelle, les pays pauvres font face à la dureté de l'impérialisme. Leurs modes de vie bien plus proche de la nature aurait pourtant bien à apporter à ceux qui surexploitent les ressources de notre sol. Un ressortissant de nos pays dits "civilisés" se rendant, et le mot n'est pas choisi au hasard, dans un pays à l'opposé du sien dans la sphère économique, reçoit un violent coup d'humanité sur la conscience. Nombre d'entre eux ont du mal à s'en remettre et conserve à jamais le choc qu'ils ont ressenti en appréhendant au travers de leurs grille de lecture, la vie qu'ils découvraient et tourbillonnait autour d'eux.

La terre veille, et se rappelle à notre bon souvenir.

Rédigé par Stephan Pain

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