La transmission du savoir.

Publié le 8 Mai 2012

Dans un texte précèdent, j’avais soumis l’hypothèse que le « fort » apprenait du « faible ». L’exemple le plus parlant dans ce domaine, est la transmission du parent à l’enfant. La mission du parent n’est pas à proprement parler de former un nouvel être humain, mais d’entreprendre son cycle final d’apprentissage de la vie grâce à la paternité. Le premier cycle débute à l

a naissance, il consiste à recopier l’entourage, l’égo est alors absent. Deuxième temps, l’adolescent se construit en opposition avec son entourage, l’égo augmente, parfois jusqu’au clash salvateur. Le troisième temps est celui de l’égo démesuré, la volonté farouche de réussir socialement, d’accumuler les biens, les expériences. L’affirmation de soi au sein d’une société de compétition effrénée. L’individualisme de construction. Une fois, sa place établie dans le système, l’âge aidant, une volonté d’acquérir l’immortalité, de projeter ses aspirations vers le futur, participe au désir de se reproduire. Le moment de la naissance de l’enfant marque la mort de son propre égo. Le cycle initial s’achève. L’humain est mur pour entamer le réel processus de construction. Il fait table rase de son passé. La voie vers la sagesse s’ouvre devant lui. Et si, malheureusement, cet évènement ne provoque pas cette mort, l’humain court à sa perte. Tôt ou tard il sera en rupture avec sa descendance, avec lui-même.

La crise de l’adolescence exacerbe les défauts des parents. Dans ce contre-miroir absolu qu’est l’adolescent, l’adulte peut constater ce qu’il est au plus profond. La colère, la violence qu’il peut laisser éclater alors sont des marques révélatrices de sa propre impuissance. Le constat peut s’avérer sans appel. Terrible. Dévastateur. Certains adultes vont s’enfermer, s’accrocher désespérément à ce cycle initial de leur propre vie. Les symptômes sont la non-acceptation du temps qui passe. Ravages de la chirurgie esthétique. Dérives de vies superficielles. Qu’on se rassure, le hasard ou la chance n’ont rien à voir avec cela. Si vous avez un niveau de conscience élevé, les choses se dérouleront de manière naturelle. Il est également illusoire d’espérer élever la conscience d’une telle personne qui croiserait votre route. Vous pouvez au mieux, donner des pistes, mais le travail est personnel. Il est le fruit de plusieurs vies.

Ma chère analogie reprend du service. Observons l’humanité dans son ensemble. On peut considérer qu’elle possède une sorte de conscience globale, fruit de la lente maturation de ses générations successives. Je ne vais pas revenir sur l’acceptation d’une conscience supérieure. Chacun est libre d’envisager ce qu’il veut. Une simple démarche d’humilité personnelle. Par convention, et dans un souci de clarté je nomme cette conscience « Dieu ». Dieu endosse alors le rôle du père. Jusqu’ici, quoi de plus logique ? Que fait « Dieu » avec les humains ? Il les forme. Tout simplement. Il apprend la sagesse. Sa propre sagesse. Il nous a transmis son savoir et nous a laissé nous débrouiller. Parfois c’est un véritable désastre, l’humain est une vraie calamité. Enseigner la Torah au peuple juif, fut une épreuve de longue haleine. Une épreuve de part et d’autre. Au même titre que parents et enfants vont traverser une rude épreuve lors d’apprentissages comme la tenue à table, la conduite à tenir avec les adultes…

A chaque nouveau messager, « Dieu » doit remettre son travail sur la planche et envisager toutes les dérives humaines. L’humain a une imagination débordante et une propension à la violence non négligeable. Le souci, dans le cas qui nous préoccupe est que « Dieu » s’est fixé comme objectif d’intervenir le moins possible. Pourquoi cela ? La raison en est toute simple. L’humain n’apprendra jamais mieux que par lui-même. Vouloir l’emprisonner dans des rails est néfaste. Contreproductif. On peut se plaire à imaginer que « Dieu » a été très agréablement surpris par certains humains. Il a prévu énormément de choses, mais on peut se plaire à croire aux surprises. Hélas, les surprises sont parfois très mauvaises. L’état actuel du monde, montre bien à quel point, certaines choses ne se sont pas du tout déroulées comme prévu. Qu’importe, c’est ainsi, il faut composer avec.

Il faut bien imaginer que pour parvenir à cette avancée, il fallait consentir à ce que le mal s’introduise dans le système. La motivation première pour la recherche scientifique, artistique, politique, etc, etc, a souvent été, il faut bien le reconnaitre, le pouvoir ou l’argent. Les guerres, et de manière générale, le complexe militaro-industriel ont permis de grands progrès de tout temps. Internet en est le meilleur exemple. Où a donc été introduit le mal ? Assez simplement : le feu. La première guerre. Sa possession, sa domination, son pouvoir. Toute une part du comportement belliqueux humain s’est forgé à partir de cet évènement fondateur. Le soleil incarne à merveille la symbolisme du feu, c’est ainsi qu’on le retrouve comme élément central dans la plupart des anciennes civilisations dominatrices et des organisations secrètes actuelles. Le contrepouvoir s’est mis lentement en place. Un contrepouvoir donc l’essence est la possession de l’énergie.

Le feu, c’est l’énergie destructrice.

L’eau, c’est l’énergie créatrice.

L’eau est partout en dehors du minéral, elle est la vie. La réponse à la question que tout le monde se pose tombe invariablement : L’eau est un élément supérieur au feu. L’humilité est supérieure à l’égo. Le futur balaie le passé. Le peuple est supérieur à l’élite.

A quel moment de la vie, l’humanité se situe-t-elle ?

L’enfance est passée, nous y avons reçu de jolis contes pour enfants que sont les livres saints, dans lesquels des messages de bonne conduite nous étaient inculqués. Puis l’adolescence est venue, l’humain s’est révolté contre son créateur. Il nie son existence. Le siècle des Lumières, la révolution, l’industrialisation. « Dieu » se prend une claque. L’asservissement des masses est un système bien rodé. L’égalité prônée, comme un leurre pour les poissons. Il se doit d’accepter. Finalement, cette noirceur a un côté rassurant pour Lui. Cette haine du créateur est poussée jusqu’à son paroxysme au travers de la haine du peuple juif et de la Shoah. Ultime point d’orgue de l’adolescence humaine.

Toutefois, un amer constat s’impose : l’humain n’a plus peur et défie « Dieu ». Il se rend alors compte que malgré son Amour, il a emprisonné le genre humain sous une chape de peur. La peur engendre la colère, qui engendre la violence. Cruel enchainement.

Troisième temps, jeune adulte, la fuite en avant dans une société de l’égo. Chaque pays veut s’imposer. L’argent est roi. Le dieu argent. Deux religions s’imposent et s’opposent : capitalisme et communisme. Des dogmes, des lois, des lieux de cultes, des livres saints. Tout y est. Le monde va poursuivre sa marche en ce sens jusqu’au moment où l’humanité veut acquérir la sagesse. Le dieu argent fait horriblement peur lui aussi.

Et nous voici en 2012, en ce moment même. L’humanité s’apprête à mourir pour renaitre à nouveau. Nous sommes en passe de nous épanouir dans la sagesse et l’humilité car nous aspirons naturellement à nous élever indéfiniment en conscience. Une partie de nous se refuse à passer le cap et s’accroche désespérément au passé. Peut-être sont-ils juste incapables de nous suivre ? Tuer son égo est une chose impossible pour ceux qui dominent le monde ancien, cela va à l’encontre de leur fonctionnement intrinsèque.

La mutation est en cours, imperturbablement. C’est ainsi.

Une question me brule les neurones :

Qui est l’enfant à venir ?

Rédigé par Stephan Pain

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