Croire ou ne pas croire?

Publié le 23 Octobre 2012

Croire ou ne pas croire?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, je n’ai pas changé d’avis: “Dieu” n’existe pas. Le mot “Dieu” est un mot humain utilisé pour décrire quelque chose que notre intelligence ne peut atteindre.
Nous pourrions tout aussi bien utiliser conscience supérieure, principe supérieur de la nature, égrégore de la somme des intelligences humaines. Que sais je encore? Le mot “Dieu” est une juste une convention de vocabulaire entre humains pour pouvoir simplifier le discours.
Dans la Torah, qui est l’ouverture du cycle de la connaissance, il est interdit de nommer le créateur. Le trétragramme YHWH est utilisé mais ne doit pas être prononcé. De même, les représentations sont interdites.
Ce que certains de nos ancêtres ont assimilés à un interdit ou une contrainte destinée à les soumettre était en réalité l’affirmation d’une totale liberté: puisqu’il est impossible à l’homme de comprendre le phénomène créateur, il serait aliénant de l’enfermer dans une représentation toute humaine. Ce serait limiter le champs des investigations de l’imagination.

Lorsqu’il est dit dans la Bible que “Dieu” nous a fait à son image, il ne faut pas prendre cela au premier degré. Cette image est intellectuelle. Dans cette affirmation, il est question de notre pensée, de nos émotions. Si un humain pouvait posséder un cerveau parfait, alors nous pourrions l’appeller “Dieu”.

Il est impossible de prouver l’existence de “Dieu” par définition.
“Dieu” est une expérience personnelle. Un ressenti.
Cette expérience est intransmissible.
Pendant toute ma vie d’athée, j’ai dit que je croirais en “Dieu” le jour où j’aurais une preuve.
Si telle est votre attente, il est de mon devoir de vous dire que vous faites fausse route.
La foi n’a que faire des preuves. C’est ainsi que je peux l’affirmer catégoriquement: les miracles physiques n’existent pas, n’ont jamais existé et n’existeront jamais.
Les récits de la Bible sont des contes pour enfants destinés à expliquer des concepts complexe.
A travers le prisme de notre pensée du 21ème siècle, tout cela parait étonnamment naïf. C’est tout à fait normal. Cela vous viendrait il à l’idée de vouloir comprendre pourquoi le fait de voler est mal dans un livre de comptines destinées aux enfants de 4 ans?
Le miracle de la vie existe. Ce formidable “hasard” qui nous a mené jusqu’ici, nous êtres si fragiles au milieu de cette immense univers.
Si nous ouvrons les yeux, alors nous pouvons admirer tous les petits miracles de notre quotidien. Une rencontre, une émotion, une pensée un nuage dans le ciel...
Tout cela nous est offert, ce qui nous empêche de percevoir tout cela, ce sont tous les tracas qui nous embarrassent l’esprit.
Dans le bouddhisme, le concept d’impermanence est primordial, ce sont les derniers mots du Bouddha avant de mourir. Bouddha n’a jamais parlé de Dieu, il a refusé d’être un prophète, il n’a jamais voulu fonder une nouvelle religion. Qu’est ce que l’impermanence? L’impermanence, c’est l’idée de vivre dans l’instant présent. Certains diront de vivre comme si l’on devait mourir demain et de penser comme si l’on allait vivre pour l’éternité. Parce que l’on vit dans l’instant présent, toutes les contraintes que nous nous mettons nous mêmes pour nous empoisonner l’existence disparaissent.
Un exemple concret: Vous avez de gros problèmes d’argent et cela vous mine, vous allez voir des amis. Pensez vous que rester focalisé sur vos soucis, même si la résolution doit être rapide par la suite, va vous permettre de passer un temps agréable avec vos amis?
Ceci est un exemple trivial, vous m’en excuserez. Je vous invite plutôt à vous pencher sur les écrits de personnes plus qualifiées que moi en la matière.

L’impermanence si elle est une voie pour la plénitude, est aussi une voie qui montre que chercher “Dieu” est vain.
“Dieu” est un peu comme l’amour, c’est en ne cherchant pas qu’on le trouve.

Dans ma démarche pour tenter de résoudre l’incompréhension entre les humains, j’ai mis de coté ma propre conviction sur le sujet de la foi.
Il ne m’appartenait nullement de vouloir imposer au monde ma vision personnelle, à savoir l’athéisme, dans une tentative de réconciliation autour d’une idée qui me paraissait être la Vérité. Si j’avais eu cette démarche, j’aurais été tout simplement un fasciste.
Si l’on veut demeurer ancré dans le réel, il faut composer avec toutes les sensibilités, avec toutes les croyances, même celles que l’on trouve abjectes.
Si bien que ce qui a guidé ma réflexion à ce moment là, n’était absolument pas de vouloir prouver l’existence de “Dieu” mais bien de trouver une idée qui puisse convenir à tous.
Ce travail m’a permis tout d’abord d’établir un schéma. Le shéma de la transmission de l’énergie spirituelle transcendante et immanente. Ce n’était que le point de départ, il me manquait la cause de tout cela. Cela m’a pris 10 mois.
Pensant avoir trouvé la solution, je me suis laissé influencé par l’idée que le système Islam-bouddhisme était la solution ultime à laquelle nous devions tous tendre. J’étais encore dans l’erreur.
Vouloir prouver ou persuader les gens étaient une illusion.
La seule Vérité appartient à toute l’humanité, et c’est elle-même, en réfléchissant réellement par elle-même qui trouvera ce qui est bon pour elle. Tout notre travail de réflexion doit alors se concentrer sur l’élaboration d’une solution qui pourrait permettre la mise en place de ce processus de réflexion commune.
Comprenez que le point de vue d’un athée dans la discussion est quelque chose d’éminemment constructif. En présence de croyants, j’ai un mode de pensée qui s’apparente plutôt à celui d’un athée. On me pose souvent la question de savoir si je crois ou non.
L’athée porte un regard beaucoup plus critique.
Enfermer la discussion dans une assemblée de croyants s’apparente à de la consanguinité intellectuelle. C’est encore pire entre personnes d’une même confession.

Cette diversité de pensée est une richesse énorme pour construire la pensée de demain.

Etre athée ne vous condamne pas à un mode de vie qui vous met en marge de la société, vous avez appris à vous construire sans réel guide, et surtout, sans être soumis à une “autorité” moraliste. Vous n’avez eu besoin d’aucune religion pour comprendre, c’est une preuve de grande maturité.
Par contre, dans votre système de valeur, il est une chose essentielle à laquelle je veux faire appel: votre volonté de voir un jour le monde vivre en paix.
Si telle n’était pas votre intention, alors vous pourriez être considérés comme des nihilistes.
Est ce que les nihilistes ont leur mots à dire? Sûrement.

Plus la pensée de la personne en face de nous diffèrent de la notre, plus elle nous enrichie.

L’enfer , le paradis, “Dieu”, qu’importe, l’essentiel est d’avoir la foi, la vraie.

Rédigé par Stephan Pain

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