Le New age ou les perles du book 2012
Publié le 18 Octobre 2012
Le New age ou les perles du book 2012
Venant régulièrement sur Facebook, je parcours les pensées spirituelles qui l’alimentent en permanence. Entre gourous de bas étages et pensées de supermarchés empaquetées dans des images mielleuses, j’en suis venu à l’écoeurement.
Et à la colère.
Je ne suppporte plus ces phrases toutes faites alimentant la paresse de bon nombres de personnes qui croient accéder à une certaine sagesse en acquiesçant mollement devant leurs écrans.
La Vérité divine est la quête de l'humanité. S'affranchir de Dieu pour acquérir l’auto-gérance, tel est notre but.
Le khalifa de Dieu selon le philosophe musulman Abdennour Bidar.
Un raccourci intellectuel peut alors opérer et ainsi certains pourraient être tenté d'affirmer que les solutions sont en nous de manière individuelle. Les doctrines new age et toutes sortes de forme de spiritualité à la mode s'appuient sur ce raisonnement simpliste. Il est évident que travailler sur son propre équilibre est aussi bénéfique à la communauté par voie de conséquence, mais faire miroiter une avancée commune avec cette démarche basique est un leurre. Cela relève de la volonté de se servir du vide spirituel laissé par l'abandon des religions traditionnelles et de l'individualisme forcené qu'engendre notre société pour générer du profit ou de la notoriété.
Le commerce de la misère spirituelle.
Il y a bien un travail à effectuer sur nous-mêmes, certes, non pas individuel, mais collectif. Il faut faire face à notre passé pour le comprendre , le digérer et construire notre futur. Ceux qui vous promettent un avenir radieux en vous égocentrant ne font que vous mentir en exploitant vos faiblesses. Ce n'est pas en refusant d'affronter les sujets délicats qui nous touchent tous que nous progresserons. Les ignorer consiste uniquement à laisser à une poignée le soin de les résoudre pour nous. Cela a perduré au cours des siècles, on en voit le résultat. L'essence de la spiritualité, la vraie, c'est la permanente confrontation de nos idées. C'est un mécanisme qui anime les passions, souvent houleux, difficile et perturbant, mais ce n'est qu'à ce prix que l'on peut y arriver.
Les choses les plus belles naissent de la souffrance.
Si l’on en juge par les signes, et par une analyse rationnelle, on peut être tenté d’affirmer que l'humanité possède désormais les moyens d’accéder à la maturité spirituelle. La volonté manifeste d’entretenir la contrainte de l’absence de désir de connaissance prouve le caractère néfaste, conscient ou inconscient ,de l’emprise “spirituelle” que bon nombres de gourous, plus ou moins avérés, ont sur les humains.
Ce qui anime des personnes telles que l’économiste Etienne Chouard est la volonté de redonner leur véritable sens aux mots. Par des exemples simples, il parvient à démontrer qu’un des rouages de la prise de pouvoir intellectuel d’une caste sur un groupe passe par la dénaturation de mots essentiels à la société.
Le mot démocratie en est un vibrant fer de lance.
Ne donnons pas le sens de Vérité universelle à ce qui n’est qu’une démarche de libération du carcan de la société moderne. La quête de soi-même est une étape obligatoire, mais non suffisante pour accéder à La Vérité.
Dans nos contrées européennes encore dominées par une pensée judéo-capitalistico-chrétienne ( quel gloubiboulga) s’est formé une puissante contre-pensée. Chacun d’entre nous peut se gargariser de comprendre et de participer à son échelle à l”élaboration de celle-ci.
Mais que vaut cette pensée nombriliste face au reste du monde? Par quels arguments appuyés peut on expliquer à un indien, un africain ou à un sud-américain en quoi cette approche de la Vérité puisse les concerner outre mesure? Ce n’est pas en empruntant de ci de là à la culture bouddhiste que nous pouvons, entre nous, convenir d’une pensée globale s’appliquant à l’humanité dans son ensemble.
Nous avons choisi un mode de vie ultra libertaire. Un pseudo équilibre s’est crée. Mais que vaut cet équilibre au frontière de nos si petits pays ne serait-ce que face à des pays de culture musulmane qui finalement ne sont pas si éloignés que ça? Le rejet de l’Islam dans son ensemble en Europe est le résultat d’une paresse de curiosité vis à vis d’une culture qui nous est offerte. La violence du jugement que nous avons à l’encontre des musulmans n’est que le reflet de la violence que l’on puisse leur inspirer quand ils observent notre façon de vivre.
Lorsque je sors de la mosquée où je croise toutes ces femmes qui pour certaines sont couvertes des pieds à la tête, et que, emprunt d’une certaine sérénité mais non porteur de signes extérieurs de culte, je prends le métro, je croise des adolescentes vêtues, dévêtues, dans une volonté effrénée de suivre la mode. Lorsqu’elles me toisent dans un air de défi, ou adoptent un comportement provocant, comment ne pas ressentir un profond malaise?
Qui suis-je pour affirmer qui a compris ce qu’il fallait faire et surtout d’être convaincu du libre-arbitre de chacun? J’entends si souvent le reproche de la contrainte sur les femmes voilées, mais est-on bien sûr que les femmes européennes sont entiérement libérées de toutes contraintes?
J’imagine aisément que vous vous étiez également posé la question, il ne s’agit que d’un exemple concret du quotidien.
A présent, il convient de se projeter, avec courage et discernement, hors de notre simple quotidien et de faire face au choc de nos civilisations.
Le système de pensée/ contre-pensée émanant de nos pays ne saurait être à lui seul une réponse globale.
Ne tombons pas dans le même piège que nos aînés en se positionnant en référence absolue.
Nous ne ferions que bâtir les bases d’un nouvel impérialisme.
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