Souvenir du 17 Janvier 2012
Publié le 17 Mars 2013
Souvenir du 17 Janvier 2012
Je ne sais pas si un jour je raconterai publiquement ma journée du 17 Janvier, tant celle-ci fut rocambolesque. J'ai passé de longues heures à marcher dans Paris entre plusieurs haltes "touristiques".
De tous les évènements qui me sont arrivés durant les derniers mois et cette journée en particulier, le moment où je suis arrivé dans la cour du Louvre est de loin celui qui m'a le plus marqué.
Je suis passé devant la pyramide et je me suis dirigé droit vers la cour carrée, je savais que c'était là que je devais me rendre. Au moment ou je gravissais les quelques marches, la magnifique musique d'un violoncelle emplissant le passage séparant les deux cours accompagna mon arrivée. J'ai immédiatement compris que j'étais arrivé au coeur de mon périple.
Plus tard, j'ai appris que l'homme qui jouait ce soir-là venait en vélo du fin fond de sa banlieue quelque soit le temps tous les soirs sans parvenir à expliquer son geste.
Je me suis mis au milieu de la cour.
J'ai fait résonner les mots Torah, Amour et Coran en montant en puissance.
Si le dernier cycle est bien sorti de ma bouche, il est impossible que cela ait été ma propre voix. Je n'ai jamais entendu un son aussi puissant.
L'homme n'avait pas cessé de jouer, je suis repassé devant lui en me dirigeant vers la pyramide. En bas des marches, à une quinzaine de mètres de lui, je lui ai fait une révérence. Il s'est arrêté et m'a regardé. Peut-être avait-il compris enfin ce qui le poussait à venir inlassablement jouer dans cet endroit désert toutes les nuits.
Le lendemain, il y avait une atmosphère étrange dans les journaux continus.
Sur Facebook, je tombais sur cette photo postée le jour même.
J'ai compris alors que le hasard n'existait pas.
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