La question de la démocratie et le mariage pour...

Publié le 27 Janvier 2013

La question de la démocratie et le mariage pour tous

Face à un tel investissement en temps en argent, à moins de faire l'autruche, personne ne peut faire l'impasse du sujet polémique du moment. Aussi, je me vois contraint d'ajouter ma pierre à l'édifice "démocratique". Au fond quel enseignement tirer de cette division de la population sur le sujet du mariage gay?
Il ne sert à rien de s'époumoner à expliquer à l'un et l'autre camp, que leurs préoccupations sont totalement nombrilistes. J'ai bien tenté, et ce, sans parti pris d'un coté comme de l'autre, à essayer d'orienter vers d'autres sujets. Peine perdue. Je n'ai que des sourds en face de moi. Chaque camp m'explique que ce combat est crucial pour l'avenir de la société. Je suis au pire, taxé de complotiste, au mieux, ignoré gentiment.
Dans ce genre de situation, la moindre des choses est de se remettre soi-même en question et de se dire que si tant de monde poursuit une même idée, alors cela signifie que la minorité a tort. Sur le principe je ne m'oppose pas, mais dans les faits, y-a-t-il un réel intérêt réciproque? Hélas non. Je suis abreuvé de "propagande" à égale proportion pour les deux camps, mais je ne vois rien de concret au profit du dialogue et de la prise de conscience de notre avenir.
Je n'ai jamais entendu autant parler de démocratie que ces derniers mois. Mais qu'est ce que la démocratie? La démocratie, consisterait en diviser la population en deux et de trancher en faveur d'un camp pour une simple question de chiffre? Au pire, ce chiffre serait celui qui a voté au deuxième tour pour le président en exercice, au mieux, serait celui d'un référendum populaire?
La démocratie est donc une histoire de chiffre? La majorité l'emporte? Sur une question donnée, dans un contexte donné, avec des médias partisans, on prétend régler définitivement sur un territoire entier grand comme la France, un problème de société qui perdure depuis que l'humanité existe?
Le résultat final? Chacun restera sur ses positions. Nous aurons une minorité, qui peut représenter jusqu'à 49% de la population en age de voter, soit environ 20 millions de personnes qui demeureront frustrés, contraint d'accepter la décision.
Et tout le monde de se gargariser de l'avancée de la démocratie.
Mais que l'on me donne le nom de la personne qui a donné comme règle établie que la réponse à une question donnée partagée par la majorité des gens sur terre étaient la meilleure chose pour la progression de la société.
Je ne suis pas ici, en train de prendre parti pour tel ou tel camp. Mon propos n'est pas d'argumenter pour une bataille de chiffres. Ce que je montre, c'est la limite effective du système actuel que la plupart considère comme parfait.
La preuve, j'entends que ce n'est pas le système qu'il faut changer, mais les hommes à sa tête. Si effectivement, cela pouvait changer quoi que ce soit au destin global de l'humanité, et non désolé la politique de la France ne s'arrête pas à ses frontières, ne vous en déplaise, nous, ou plutôt nos victimes, seraient au courant.

En réalité, je pense que cette question n'arrive pas par hasard à ce moment précis. Si elle est effectivement un marqueur d'un certain nombrilisme et d'un refus de considérer l'étranger, c'est surtout le formidable révélateur du défaut majeur du modèle prétendument démocratique dans lequel nous vivons.
Nous voyons clairement qu'il est impossible de trancher aussi simplement et définitivement sur cette question de mariage. Vivre ensemble dans une société ne signifie pas mettre mal à l'aise une partie de la population par rapport à une autre. Ce n'est pas comme cela que je conçois les choses.
J'ai à cœur de prendre en considération les aspirations de chacun. C'est ce que l'on appelle la tolérance. Cela peut paraitre prétentieux de dire cela, mais je suis navré de constater que, notamment dans le camp des "ouverts d'esprit", on se contente de juger les traditionalistes comme des fascistes, tandis que de l'autre coté, on traite l'autre camp de pervers.
En réfléchissant à la question, il m'est venu une idée fondamentale. En tranchant sur la question aussi brusquement et catégoriquement en faveur du oui, que risque-t-il de se passer? Je vais parler de la question de l'adoption en l’occurrence.
Eh bien ce sont encore les travailleurs sociaux qui vont devoir compenser tout le travail législatif non effectué.
Car quand bien même, le oui ou le non serait de la décision populaire, qui encadrerait légalement l'adoption? Chaque cas est unique, il s'agit là de l'avenir d'enfant dont il est question. On ne peut, une fois de plus, faire peser des décisions aussi lourdes à des fonctionnaires en leur demandant systématiquement de compenser un cadre légal inadapté.
Qu'on ne se voile pas la face, quand bien même des expertises sont menées, des acteurs sociaux questionnés, c'est irrémédiablement par des personnes déconnectées de la population que les textes sont rédigés. Les travailleurs sociaux sont ainsi mis devant le texte accomplis et doivent composer entre celui-ci et la réalité du terrain.
Ce principe est valable pour toutes les questions sociales.

Quels sont les enjeux du futur?
Sur de tels sujets nous voyons bien qu'il doit s'instaurer un vrai dialogue entre les acteurs sociaux et la population. Un panel représentatif peut être ainsi tiré au sort pour débattre. Les élus sont là pour proposer un cadre légal adapté à cette réalité mis en débat par les intéressés eux-mêmes.

Ma conclusion est invariable: avant de mener quelque combat social que ce soit, il faut réformer en profondeur notre système politique. Encore une fois, pour ceux qui auraient la flemme de relire mes textes, je prône un changement en douceur. Un modèle hybride de transition. Une réelle révolution pacifiste mais néanmoins ferme dans ces objectifs. Ne pas réaliser que nous sommes à un moment charnière de l'histoire de l'humanité promet un réveil brutal à certains.

Où est l'urgence sur cette question de mariage?
La patience est mère de la sagesse.

Rédigé par Stephan Pain

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