Réflexions de Maria Zahner sur un texte assez...
Publié le 27 Janvier 2013
Réflexions de Maria Zahner sur un texte assez ancien
(Je le mets en public)
C'est un peu vite fait. Je ne suis pas forcément une spécialiste dans aucun des domaines, mais tout comme toi il m'arrive d'y penser, de me poser des questions et d'esquisser des réponses.
1. Force et faiblesse.
L'opposition entre le fort et le faible la plus évidente et la plus ancienne est celle qui existe entre hommes et femmes. Indéniablement la force physique de l'homme prend l'ascendant lorsque les conditions d'existence se durcissent, telles la guerre, la chasse, la construction, les conditions climatiques. Au cours du temps ses conditions se sont nettement améliorées, seule persiste la guerre, comme un relent du besoin d'affirmer sa supériorité. Mais, tout un chacun n'est pas dupe, le réel pouvoir est, et a toujours été entre les mains des femmes. Il est amusant de constater que ce sont toujours les hommes les mieux bâtis, les plus forts, les colosses, qui, dans les bras d'une femme s'avèrent les plus dociles. Ce qu'une violence sourde et aveugle s'abattant sans relâche de la part de multiples adversaires a réussit à accroître jusqu'à son paroxysme comme puissance, la douceur l'anéantit en un geste aérien.
- Bon, en gardant à l'esprit Hegel, je dirait que c'est la forme la plus ancienne de lutte entre deux "consciences de soi", l'homme et la femme.
La (les) religion(s) ont joué un rôle déterminant dans la soumission de la femme, selon le modèle "nature".
Dans la lutte entre les "conscience de soi" masculine et féminine, l'homme c'était l'incarnation du "désir", la femme celle de la "peur".
Le désir, réservé à l'homme, était impératif et immédiat.
La peur, réservée à la femme, concernait l'avenir et son instinct maternel, celui de se "donner" à l'homme qui serait le meilleur père pour ses enfants, tout en cherchant, derrière ses enfants, une victoire sur l'homme.
Ça existe encore, un peu partout, et même en Occident.
Alors, qu'en est-il, en Occident justement, depuis l’avènement de la "libération des femmes" et de la "révolution sexuelle". Un beau projet, pour ne pas dire utopie, qui a servi surtout les "patrons" à la recherche de main d'oeuvre et de diminution des coûts. Les femmes "maîtres", les femmes "vainqueurs"...ça a toujours existé, ça tient d'elles-mêmes et non pas d'une quelconque libération collective. Pour les autres, les laboratoires pharmaceutiques, leurs objectifs "profit" ont compté plus que n'importe quoi d'autre.
Je pense que dans cette optique, les femmes sont devenues "esclaves" par définition, sans même avoir encore à mener bataille.
Elles sont, dans les discours officiels et dominants, appelées à être "des hommes", c'est dire à abandonner leur propre conscience de soi, pour un bonheur illusoire, celui de la satisfaction d'un désir immédiat...oui mais, les femmes, en général, ne bandent pas comme les hommes. Leur désir est différent, par nature.
"La femme", dans la représentation que la "nouvelle société" nous affiche partout, se réduit à des gamines maquillées en "femmes", à des images de plastique d'actrices porno, à des objets de consommation collective, des objets jetables, des "amours" renouvelables, des mères à l'image de leurs filles....Les hommes ne veulent plus être "père" mais "amant" jusqu'à la fin...de leur souffle.
Hegel disait que la naissance d'un enfant c'est la mort des parents. Dans le sens de l'acceptation du passage du flambeau.
J'espère bien que vous, les "post-'68" vous arriveraient à remettre du sens dans ce que c'est la lutte des "consciences de soi"... sinon il vous faudra vous battre avec vos pères pour accéder aux filles...sinon, la femme du futur sera la prostitué et l'enfant du futur sera un truc à commander à des laboratoires et autres cliniques spécialisées.
2. L'enfant ?
L'enfant, lui, ne se contente pas de stopper la violence. Il l'éradique à sa naissance. Il est l'architecte infatigable des adultes qui l'entourent. Un enseignement permanent.
Le parent, dans sa volonté de bien faire, obnubilé par la formation d'un être parfait qui serait son prolongement dans le bien en tout point ne se rend pas compte qu'il s'agit bien de lui qui est le sujet de l'éducation.
D'un individu grossier, égoïste, irresponsable, l'enfant va façonner un adulte qui va surveiller son langage, va tout donner pour le confort de sa progéniture, assumer ses erreurs. L'entreprise est d'autant plus sournoise, qu'au début le bébé est bien incapable de parler et d'indiquer ainsi ce qu'il faut faire. le parent va alors se poser mille questions sur ce qu'il doit faire ou pas pour prendre soin de cet être totalement vulnérable. C'est ainsi, en posant les questions essentielles à une vie naissante, qu'ils posent les bases de sa propre éducation. Régulièrement au cours de la vie de son enfant, le parent, devra à nouveau se remettre à l'ouvrage dans l'établissement des bonnes questions que les différentes situations de crise qui jalonne le chemin vont inexorablement amener devant lui.
C'est ainsi qu'au bout d'une vingtaine d'années, ce n'est pas l'enfant qui est devenu ce que le parent voulait qu'il devienne, mais le parent qui est devenu celui qu'il était en devenir.
On constate tristement que, systématiquement, l'adulte ne voulant pas se plier à cette règle se retrouve en opposition et bien souvent cela finit par la rupture entre génération. Vouloir à tout prix de son enfant tel ou tel destin c’est symptomatique d'égoïsme. Combien de parents voulant façonner leurs enfants à leurs images ont brisé des vies ?
- L’ « enfant » ou plutôt l’image de l’enfant, c’est un produit culturel qui diffère d’une époque à une autre, d’une région à une autre et qui est influencé par la culture traditionnelle et par la situation économique.
Il y a des enfants qui constituent pour leurs parents une « assurance vieillesse ».
Il y a des enfants qui sont utilisé comme main d’œuvre.
Il y a des enfants qui sont considérés en terme de « coût.
Il y a un peu de tout et, à mon avis, il n’y a pas de modèle universel de bonheur, ni pour les enfants, ni pour les parents. Un enfant est unique et devrait être considéré et traité comme tel, donc son éducation, dans la famille et dans les systèmes d’éducation, devrait aller dans le sens qui lui permettrait, à cet enfant, d’accéder à la connaissance de soi même et de ce qu’il aimerait faire de sa vie. Nous en sommes loin. Nous sommes aussi à une époque influencée par les « nouvelles technologies » qui tendent à mettre dans des cases identiques la diversités de toutes les formes de vies.
3. L'égoïsme comme symptôme d'un refus de grandir.
De vieillir?
Faut-il y voir là une quête dérisoire de l'immortalité?
- Il y a une sorte de refus, non pas de grandir, mais de penser à la mort et d’envisager la vie comme un parcours éphémère entre deux jalons du temps. C’est assez nouveau, dans les sociétés humaines, et ça tient plutôt d’une manipulation. L’époque est à vendre des rêves de jeunesse et vie, si pas éternelle (quoi que, il y en a qui l’envisage) mais au moins utiliser « l’objet » homme sur toute sa durée, comme consommateur, plus encore que main d’œuvre, sans lui laisser le temps de se penser. Le « jeunisme » ça fait vendre et pour pas mal de gens c’est quand ils sont vieux qu’ils disposent de plus d’argent. Je pense que ça mène à un appauvrissement spirituel et même intellectuel.
4. Si l'on applique alors les concepts d'analogie, cette fois au niveau du nombre en passant de l'échelle de la famille à celui d'un ensemble de personnes, il convient d'analyser les rapports qu'entretiennent majorités et minorités.
Au cours du dernier siècle la société s'est profondément bouleversée dans le traitement des minorités. Il est inutile d'énumérer une longue liste. Au sein de chaque peuple, des groupes ont livré des batailles contre l'ignorance au bénéfice final du peuple dans son entier. Les régimes autoritaires, depuis la nuit des temps, dans une volonté d'amélioration de leurs sociétés, qui ont recouru à la violence pour faire disparaître une différence qu'ils ne voulaient pas accepter, ont toujours échoué à plus ou moins long terme dans leur entreprise.
L'immortalité d'un peuple.
Vouloir façonner un peuple dans une perspective précise en se servant de toutes formes de pensées philosophiques, spirituelles ou scientifiques serait-il une entreprise vouée à l'échec?
L'avancée d'un peuple ne se mesurerait-elle pas à l'harmonie qui articule la relation entre chaque minorité et sa base?
- Je pense que nous sommes en pleine mutation, en ce moment, due à la « mondialisation ». Il y a un grand mouvement migratoire, dans tous les sens et les notions de « peuple », de nation, de minorité, sont en train de changer.
Changeons d'échelle.
Un peuple ne peut se développer en autarcie en ignorant la souffrance et en imposant sa vue du monde comme référence. Dans la hiérarchie actuelle, les pays pauvres font face à la dureté de l'impérialisme. Leurs modes de vie bien plus proche de la nature aurait pourtant bien à apporter à ceux qui surexploitent les ressources de notre sol. Un ressortissant de nos pays dits "civilisés" se rendant, et le mot n'est pas choisi au hasard, dans un pays à l'opposé du sien dans la sphère économique, reçoit un violent coup d'humanité sur la conscience. Nombre d'entre eux ont du mal à s'en remettre et conserve à jamais le choc qu'ils ont ressenti en appréhendant au travers de leur grille de lecture, la vie qu'ils découvraient et tourbillonnait autour d'eux.
- Oui…je l’ai vu à la « chute du mur ». Les populations des pays communistes qui espéraient se libérer de la DICTATURE ne savaient pas qu’il existe de multiples formes de dictature. C’est régions du monde auraient pu engendrer une « avancée » si on y appliquait du recul par rapport à la société de consommation, car les dégâts de ce type de société étaient déjà connus. Mais c’est tout le contraire qui s’est produit. Le passage s’est fait entre la dictature d’un capitalisme d’état et le capitalisme sauvage.
La terre veille, et se rappelle à notre bon souvenir.
- Oui, mais est-ce qu’on en tient compte ?
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